Un football français de plus en plus inégal

 PSG-Monaco PSG-Monaco lors de la saison 2015-2016. (Reuters)

Publié le 17/11/2017 à 13h39, Mis à jour le 17/11/2017 à 14h03

Emmené par les locomotives que sont le PSG et l’AS Monaco, le football professionnel français a vu son chiffre d’affaires croître de 49% en cinq ans. Un bond de géant qui accentue néanmoins les inégalités.

Sollicité par les syndicats des clubs professionnels Première Ligue et UCPF, le cabinet d’audit EY a livré le bilan de son étude sur les 43 clubs de football professionnels que compte l’Hexagone, jeudi à Paris. Avec à la clef une conclusion positive de prime abord: entre les exercices 2010-2011 et 2015-2016, le chiffre d’affaires cumulé de ces 43 clubs a augmenté de 49% pour s’établir à 2,12 milliards d’euros. Oui mais voilà, les locomotives que sont Paris, Monaco, Marseille et Lyon se partagent désormais 52% de ce CA global – soit une hausse de 19 points par rapport à 2011.

« Le secteur s’est développé grâce à l’arrivée d’investisseurs étrangers » souligne le président de Première Ligue – accessoirement dirigeant de l’ASSE – Bernard Caïazzo. Depuis 2011 en effet, le PSG est passé sous pavillon qatari quand l’ASM est devenue propriété de l’oligarque russe Dmitri Rybolovlev. Résultat, des revenus multipliés par cinq en cinq ans pour des Parisiens qui émargeaient en 2016 à 550 millions d’euros. Et une hausse appréciable de 291% tout de même pour des Monégasques cantonnés à 168 millions d’euros.

Paris-Monaco, des modèles forts mais totalement différents

Sur la période, la hausse des droits TV n’a eu que peu d’impact sur l’explosion du chiffre d’affaires global, puisque limitée à 7% pour porter l’enveloppe à 762 millions d’euros. En revanche, le fruit des ventes de joueurs a été multiplié par deux pour atteindre les 429 millions d’euros. Dont 91 millions d’euros à l’actif de l’ASM seule, qui a trouvé là un modèle économique pour le moins efficace. Autre pan de l’économie du ballon rond, celui du sponsoring, cher celui-ci au PSG. Sur les 372 millions d’euros insufflés aux différents clubs professionnels français lors de la saison 2015-2016, 149 millions d’euros étaient trustés par le club de la capitale, particulièrement bien pourvu en la matière.

Dans le même ordre d’idée, les produits liés au merchandising (374 millions d’euros) et aux recettes de match (183 millions d’euros) profitent davantage – et logiquement – aux gros poissons. Exception faite sur ce dernier point de Monaco. Reste une donnée non négligeable, beaucoup plus tangible et positive pour l’économie globale. En 2016, la filière du football professionnel français avait généré plus de 7,5 milliards d’euros de chiffres d’affaires, tout en représentant pas moins de 34 815 emplois – clubs, partenaires, fournisseurs locaux, industriels, techniciens et médias confondus. 

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