Goal-line technology, l’envers d’une arnaque: une ex-employée parle…

 GoalControl (ICON SPORT)Le contrat de la société GoalControl a fini par être dénoncé par la LFP, mais que de temps perdu et de cas de dysfonctionnements qui ont discrédité la goal-line technology. ©ICON SPORT

Publié le 12/01/2018 à 20h00, Mis à jour le 12/01/2018 à 20h16

La décision de la LFP de suspendre « à titre conservatoire » la technologie sur la ligne de but apparaît a posteriori d’autant plus indispensable à la lumière des révélations d’une ancienne employée de la société désavouée. 

Elle s’appelle Suzana Castaignède et ses déclarations faites au micro de France Inter sont édifiantes. Cet ex-opératrice au sein de la société GoalControl qui, jusqu’à la décision de la Ligue de football professionnel (LFP) de dénoncer vendredi le contrat de ce prestataire, fournissait la goal-line technology, a décidé de révéler l’envers et les dessous de cette technologie qui, loin d’être maîtrisée, a tourné à la mascarade. Pire, à des cas de tricherie.

« C’est vrai qu’il y a eu énormément de problèmes et de bugs, qui sont passés à la trappe« , explique celle qui avoue avoir, parmi de trop nombreux exemples de dysfonctionnements, « triggé » à tort, en raison d’un mauvais angle de vision, c’est-à-dire déclencher manuellement la vibration sur la fameuse montre des arbitres, alors que le ballon était passé à côté du but ! « J’avais prévenu la Ligue, je leur ai dit que je me tenais à leur disposition pour leur donner toutes les preuves qui prouvent que GoalControl n’est pas correct dans son contrat et que, du coup, leur système est totalement faillible. » Une alerte qui, dans un premier temps, n’a pas suffi, malgré l’amateurisme constaté du système, à susciter la prise de conscience qui s’imposait depuis longtemps au sein de la LFP.

Un livre à paraître

Une instance qui, pour ne pas risquer de discréditer un peu plus ses compétitions, a fini par se résoudre à rompre le contrat avec une société aux pratiques plus que douteuses, si l’on en croit les accusations de Suzana Castaignède.

« Si vous voulez, Goal Control m’a proposé de l’argent, pour « mon silence ». J’ai refusé, explique-t-elle. Ils ont proposé de me réintégrer avec un très, très bon salaire, à des conditions spectaculaires, j’ai encore refusé. » Bien décidée à vider son sac dans un livre à paraître, la jeune femme donne la mesure du fiasco: « On mentait à tout le monde, on mentait aux arbitres, on mentait aux délégués… Ce serait moi, j’arrêterai la goal-line technology, aujourd’hui ; j’attendrai que ce soit peut-être un peu plus performant ou réfléchir à un autre prestataire. On le voit, presque à chaque journée de championnat, il y a des problèmes, il y a des bugs et c’est de pire en pire. » La Ligue a fini par se rendre à l’évidence. Mais le mal est fait.           

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